Pour chaque match, l’entraineur doit annoncer à ses joueurs la formation de l’équipe qui jouera. Le coach sait qu’il va satisfaire certains. Il sait aussi qu’il va en blesser d’autres. C’est une épreuve obligatoire. Dans le sport, surtout de compétition, la sélection est la règle du jeu. Les joueurs doivent apprendre qu’être remplaçants n’est pas forcément le plus grand mal. Il faut savoir admettre qu’on n’est pas au meilleur de sa forme, ou que, face à tel adversaire, un autre sera meilleur, répondra mieux, bref, sera plus efficace. Depuis les «jeunes pousses» jusqu’aux seniors, chacun doit faire l’apprentissage de cette règle incontournable. Ceux qui ne la supportent pas ne doivent pas se frotter à la compétition. Chacun doit conquérir sa place sur le terrain. Joueur, on peut connaître la désillusion d’être rejeté sans s’y attendre. On peut aussi connaître le bonheur d’une sélection, je vais dire … par défaut (blessure, manque d’effectifs …).
Ainsi donc la sélection, c’est, au-delà de l’éviction de certains et des incontournables vexations, le moment où les meilleurs représentants du groupe sont choisis. Il faut savoir associer les spécificités de chacun afin de constituer un tout cohérent, rigoureux et … efficace en vue du gain du match. Quand les critères de choix sont incontestables, les joueurs ne se plaignent pas. Mais quand deux joueurs sont très proches, on rentre dans l’ordre fragile du sentiment. Les joueurs le savent et chacun essaie d’entretenir, à sa manière, une relation particulière avec le coach. Si l’entraineur veut éviter la casse, il vaut mieux qu’il soit très clair et apporter une justification honnête. La sincérité devient alors un gage de justice. Elle permettra de stimuler les joueurs et d’éviter que les tensions prennent des proportions énormes. Car ne pas être retenu, c’est de la frustration, de la déception, de la jalousie. Le joueur frustré se met à bouder. Il plombe le moral du groupe. La moindre remarque, c’est une frustration supplémentaire qui s’accumule. Tout le groupe ressent son humeur. C’est à ce moment que le joueur doit se montrer encore meilleur qu’il n’était. Il doit transformer la déception en motivation, la frustration en rébellion et la colère en ardeur. En toute logique, il doit savoir se remettre en question. Mais, c’est vrai, l’annonce de l’équipe est un moment de vérité. Chacun sait alors quelle est sa place dans le groupe.
Et vous, avez-vous déjà eu à subir les affres (en tant qu’entraineur) ou la joie (en tant que joueur) d’une sélection ? Vos avis nous intéressent tous.
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